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Accueil touristique: Montréal vise la médiocrité

Montréal, le 1er novembre 1994 — D’ici quelques jours, l’administration de Montréal se prépare à sacrifier trente ans de tradition d’accueil touristique en supprimant le règlement municipal sur les guides touristiques (G-2). L’Association professionnelle des guides touristiques (APGT) s’oppose à cette décision et préconise tout au contraire le maintien de ce règlement afin de sauvegarder la qualité des visites guidées de Montréal.

L’APGT trouve regrettable que la Ville semble si peu se soucier de l’image qu’elle projettera auprès des visiteurs. Depuis l’adoption du premier règlement en 1960, exigeant que les guides touristiques de Montréal détiennent un permis et sa révision en 1984, la Ville s’assurait de la qualité des services rendus par les guides touristiques, ambassadeurs et promoteurs de notre ville et de son infrastructure d’accueil.

Selon Jean-François Perrier, président de l’APGT, « l’importance de l’accueil touristique, la compétence reconnue des guides de Montréal et les emplois créés localement, sont des arguments de poids en faveur de ce règlement qui spécifie, entre autres, qu’il est interdit de guider une visite touristique sans détenir le permis municipal ». Ce permis est remis aux seules personnes ayant obtenu leur certificat d’études (240 heures réparties sur six mois) de guide touristique de Montréal.

Au moment où l’on investit des sommes énormes dans des campagnes d’accueil et de promotion, ici et à l’étranger, n’est-ce pas ridicule de saborder soi-même ses propres efforts en faveur de gens qui ne sauront promouvoir correctement Montréal et sa population? Pourquoi donc encourager la médiocrité quand on a déjà un système qui prône la qualité et l’excellence ?

En effet, avec l’abrogation de ce règlement, la Ville ouvre toutes grandes ses portes aux guides « illégaux » qui informeront les touristes d’une façon douteuse et incorrecte sur les réalités et services de Montréal. Ils ne pourront promouvoir adéquatement la ville et refléter une image juste et réelle de Montréal.

En ne citant que quelques « horreurs » qui nous ont été rapportées, on peut se douter que ces « illégaux » réinventeront Montréal qui ne sera plus une île, le mont Royal deviendra un volcan qui sommeille, l’île Sainte-Hélène sera rebaptisée l’île d’Anticosti, le Vieux-Montréal deviendra un des quartiers les plus dangereux d’Amérique du Nord, les Montréalais seront des gens qui ne parlent pas anglais aux touristes et ces derniers risqueront de passer la moitié de leur temps dans des boutiques à commission qui ne profiteront qu’aux « illégaux ».

Influencée par quelques organisateurs ontariens de séjour à Montréal contrevenant allègrement depuis 1991 à la réglementation et qui ont reçu moults avertissements et amendes, la Ville de Montréal demandait l’abrogation du dit règlement pour janvier 1995. En 1993, devant l’éventualité d’une déréglementation imminente, l’APGT se voyait offrir par la Ville un soutien financier de 20 000 $ pour permettre à l’Association de réaliser ses objectifs, notamment promouvoir la qualité des services offerts par ses membres et, partant, le rayonnement touristique de Montréal. Ce que nous avons fait. Il n’en demeure par moins qu’avec l’expérience des deux dernières années, qui ont constitué deux années de transition, l’APGT soutient qu’il serait préjudiciable à l’industrie touristique montréalaise de ne pas s’assurer de la compétence de ses ambassadeurs et promoteurs.

Des villes comme Halifax, Ottawa, Toronto et Boston nous consultent dans le but de s’inspirer de la réglementation de Montréal: un exemple à suivre en Amérique du Nord.

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Source :
Jean-François Perrier, président
(514) 525-9462
(514) 597-1352 télécopieur